Vieillir heureux est un retour sur ce billet que j'ai écrit plus tôt dans le mois concernant "À force de rêves".

Suite au visionnement de ce film qui m'a touché, j'ai vraiment eu envie de le commenter. Ce film avait 9 chances sur 10 de me toucher de toute façon. C'était quasiment gagné d'avance.

La mort et la retraite sont des sujets lourds mais quand c'est bien présenter ça vaut le coup. Le cinéaste Serge Giguère a quant à lui réussit son coup avec ce documentaire. J'ai ri et pleuré de joie durant l'écoute, imaginez. Une chance que j'y suis allé seul y en a qui aurait pas compris.

C'est grâce aux expressions fortes et complexes des personnages que ce film exprime si bien la souffrance et la joie vécue par eux. Des perles, d'une spontanéité digne du vrai monde, comme ceux dans ce film.

Par exemple ;

Ray Monde la peintre qui lance comme ça :

« Mon dieu que le plancher est loin »; en allant ramasser un truc par terre.

« Heureusement un coup que je suis sur la toile je ne tremble plus »; en approchant de sa toile avec son pinceau.

Gérard le bûcheron qui dit :

« Y a pas de morceaux pourris de même après moi. »; en tenant entre ses mains un morceau de bois coti qu'il venait d'arracher à une vielle érable.

« J'habite au village avec ma femme, mon gars et moi… »; en parlant de sa nouvelle demeure.

« Tu est beau la dessus » lance la femme de Gérard en parlant de lui apparaissant sur un nouveau portrait de famille et lui de répondre : « Oui mais le plus vieux aussi ! »

Marc-André un insuffisant cardiaque ayant déjà subit des pontages est catégorique, on ne le retrouvera pas mort à rien faire. Il aime l'aéromodélisme et dit :

« Vous allez me retrouver mort dans un champ avec ma « remote » dans main. »

Il ajoute :

« Ne voyez pas le temps en années qui passent mais plutôt en nombre d'été qui reste. Vous verrez que ça change la perspective »; racontant comment le temps passe vite.

« Si c'était mon dernier été, vous seriez pas là en train de filmer. Seriez en train d'aimer à Montréal. »; en parlant au cinéaste Serge Giguère.

Je vous évite les moments plus tristes mais essentiels à cette œuvre cinématographique.

Ce film plein de sagesse et d'humour ne touchera peut être pas un vaste auditoire mais au moins ceux qui auront fait le choix de prendre le temps de le voir et de le comprendre se rendront compte qu'ils sont sur la bonne voie. On ne peut ralentir le temps mais en profitant de la vie avec passion elle pourrait durer plus longtemps ! Qui sait ?